Kitcreanet la folie starter pack

Starter pack : quand l’IA nous transforme en figurine collector

Sauf si vous vivez dans une grotte, vous n’avez pas pu passer à côté. Depuis quelques semaines, après la folie des images dans le style du studio Ghibli, les réseaux sociaux sont envahis par une nouvelle espèce de visuels générés par intelligence artificielle : les Starter Packs. Leur principe ? Résumer une personne, une profession, une génération ou un style de vie en quelques objets emblématiques. C’est drôle, efficace, souvent très vrai… et parfois un peu flippant.

Avant d’être une mode qui déferle sur les réseaux sociaux, le Starter Pack était un concept tout ce qu’il y a de plus sérieux. Enfin… sérieux façon boîte de jeu : dans les années 90, il désignait un kit de démarrage. Une sorte de trousse de secours pour débutant motivé : un deck de cartes pour jouer à Magic, une console avec deux manettes et un jeu, ou un coffret découverte pour s’initier à la peinture sur soie (oui, ça a existé).

Et puis, Internet est passé par là. Sur Reddit ou Twitter, les Starter Packs deviennent des collages d’images censés résumer une personnalité, un mode de vie, ou une attitude. C’est drôle, rapide, un peu moqueur, et souvent criant de vérité.

Mais là où on passait du temps à collecter les images ou à rassembler les bons clichés, une simple requête dans ChatGPT 4o suffit désormais. Là où ChatGPT se contentait de textes, le petit dernier de la gamme de chez OpenAI comprend les images, les analyse, les transforme, les réinvente. Avec lui, on peut non seulement décrire un starter pack, mais le fabriquer, l’illustrer et le mettre en scène.

Créer un Starter Pack classique : facile (trop ?)

Avec GPT-4o, c’est presque trop simple. Vous écrivez une phrase du type :

Crée une image 3D de haute qualité représentant une figurine cartoon d’une jeune garçon habillé comme en 1980, emballée comme un jouet de collection. L’arrière-plan est une impression du ciel étoilé, avec une étiquette rétro. En haut au centre : « STARTER PACK » (jaune encadré de noir). La figurine a un visage souriant. Sur le côté, trois accessoires miniatures dans des compartiments : Une VHS de STARWARS, Un Joystick Retro, Une bouteille de coca-cola. Le style doit être cartoon 3D réaliste, comme une pub de figurine.

Et hop ! En quelques secondes, le modèle génère une jolie figurine dans son emballage.

Kitcreanet starter pack generique
Une minute pour ce petit bonhomme tout droit sorti des années 80

Mais derrière cette simplicité apparente, il y a une vraie débauche de calcul. Le modèle ne se contente pas de « coller des images ensemble » :

  • Il comprend les concepts,
  • il respecte les consignes,
  • il choisit les bons symboles (le logo de Coca est parfaitement reproduit sur la bouteille),
  • et il les assemble avec un réel sens graphique.

Et tout ça, à une vitesse affolante (1 minute pour l’image ci-dessus).

Créer son propre starter pack : la version deluxe

Mais le starter pack le plus fun — et le plus personnalisé — c’est celui où VOUS êtes la figurine.

Oui, oui : vous, transformé en figurine de collection sous blister avec des accessoires miniatures censés illustrer vos passions, hobbies ou traits de caractère.

Ce qu’il vous faut ? une bonne photo de vous et le prompt qui va bien.

Voici un exemple, réalisé à partir de ma propre photo :

Kitcreanet starter pack minimoi
Ne suis-je pas mignon ?

Tout y est :

  • l’emballage « jouet de collection » aux couleurs criardes,
  • le badge « Geek Inside »,
  • la date de naissance en guise de n° de série collector,
  • les accessoires en lien avec mon quotidien : un MacBook, un drone, un chat,
  • et cette pose relax, le sourire un peu malicieux… mon mini moi, version Pixar.

Comment faire le vôtre ? Le tuto pas à pas

1. Choisissez une bonne photo de vous

Portrait lumineux, de face ou trois-quarts, fond sobre. Rien de trop artistique, l’IA préfère la lisibilité.

2. Utilisez un prompt comme celui-ci :


Crée une image 3D de haute qualité représentant une figurine cartoon emballée comme un jouet de collection. L’arrière-plan est <COULEUR>, avec une étiquette rétro. En haut au centre : "STARTER PACK ou MON MIN MOI ou ce que vous voulez ;-)" (jaune encadré de noir), et en bas à droite : "<PRENOM>". En haut à droite, un badge bleu "TEXTE CHOISI", et en haut à gauche "TEXTE CHOISI". La figurine, basée sur la photo jointe, a un visage <DESCRIPTION PERSONNAGE>, une pose <DÉCRIRE LA POSE>. Elle porte <DESCRIPTION VETEMENTS>. Sur le côté, trois accessoires miniatures dans des compartiments isolés : <OBJET 1>, <OBJET 2>, <OBJET 3>. Le style doit être cartoon 3D réaliste <STYLE> (type Pixar - ou style de votre choix), avec ombres douces et fond blanc, comme une pub de figurine en boîte.

Adaptez les accessoires, le look, le texte… Faites-vous plaisir !


Et au-delà des packs ?

Les Starterpack c’est amusant, mais bon… On peut faire beaucoup mieux avec ces outils. Par exemple, j’ai dû récemment produire un module pédagogique sur le langage clair et j’avais besoin d’une image représentant un homme politique canadien présentant un livre sur « La communication Claire ». J’ai utilisé ce prompt :

Créez une image verticale (format portrait) d'un homme politique canadien debout devant la salle d'assemblée du Parlement canadien. L'homme tient un livre avec les deux mains au niveau de la poitrine, les bras tendus vers l'avant pour montrer clairement la couverture du livre. Le titre du livre, écrit en français, se lit comme suit : « La communication claire » en caractères gras et élégants. Le politicien porte un costume formel et semble confiant et engagé. Le drapeau canadien est clairement visible à l'arrière-plan, soit sur un mât, soit suspendu derrière lui. L'atmosphère doit être officielle, avec un éclairage naturel mettant en valeur le livre et le drapeau. L'accent doit être mis sur l'homme politique et le livre, le cadre parlementaire encadrant subtilement la scène.

Et voici le résultat de ce prompt :

Kitcreanet exemple image generee ia
Cet homme n’existe pas !

Voici un autre prompt pour illustrer un document produit par l’Australie :

Génère une image pour illustrer cette phrase : 
 « Plain English Manual » de l’Office of Parliamentary Counsel (Australie) 

Je pense à un livre posé sur un bureau en bois de très bonne qualité. Avec une bibliothèque en arrière plan et un drapeau du Gouvernement australien posé dans un coin de la pièce.
Format Vertical
Kitcreanet exemple image generee ia 2

La qualité de cette image est saisissante. Pas de faute dans le texte, le logo du Gouvernement australien a été positionné sur le livre sans que j’ai à le demander et ma demande a été très précisément respectée…

Un dernier exemple.

J’ai trouvé sur Wikipedia l’image d’un personnage dont je parle (Walter Wriston) , mais de mauvaise qualité.

Walter c. wriston 1
Walter Wriston

Je souhaitais avoir une image plus qualitative pour mon exposé. J’ai donc demandé à Chat GPT 4o.

Améliore cette image au format vertical. Supprime la légère rotation. 
- Agrandir (upscale) pour meilleure qualité,
- Améliorer légèrement l’image (nettoyage, contraste, netteté),

Et voici le résultat :

Chatgpt image 18 avr. 2025, 13 32 01
Walter Wriston

C’est tout simplement bluffant.

Une petite dernière pour la route :

Kitcreanet exemple image generee ia 3
Kitcreanet exemple image generee ia 4

Pourquoi c’est MAL ?

Intelligence artificielle : le vrai prix à payer

Une information circule beaucoup en ce moment : « créer un starterpack consomme autant d’électricité que pour recharger un smartphone à 50% et entre 2 et 5 litres d’eau ».

C’est vrai. Chaque image de ce type mobilise de la puissance de calcul, de la mémoire et de l’énergie. Rien de dramatique à petite dose, mais à grande échelle, les générations d’images IA peuvent devenir très gourmandes. Et il est inutile de le préciser, des milliers de StarterPack sont générés chaque jour.

Mais ce bilan énergétique ne se limite pas aux Starterpack. En effet, n’importe quelle image générée par une IA consomme cette énergie. La mode des Starterpack va passer, mais la création d’image par IA ne s’arrêtera pas demain ! Bien au contraire. Tous les indicateurs semblent indiquer un usage exponentiel de L’IA pour générer des images. Et vous l’aurez compris au travers de mes quelques exemples, que ce soit dans le milieu personnel ou dans le milieu professionnel, ce n’est pas prêt de s’arrêter.

Pour le reste, saviez-vous qu’une simple question posée à une IA consomme 10x plus d’énergie qu’une simple requête sur Google ?

Plus les intelligences artificielles génératives augmentent leur puissance, plus elles deviennent gourmandes en énergie. On parle ici :

  • de mégawatts d’lélectricité.
  • d’eau pour refroidir les serveurs.
  • de GPU qui tournent à plein régime dans des centres de données climatisés comme des frigos.

Résultat : une empreinte carbone qui commence à sentir le cramé.

Google, OpenAI, Meta… Les géants de la tech n’ont plus trop le choix : ils doivent montrer patte verte.

Le thermomètre de l’IA

Première réaction des mastodontes du numérique : être transparents sur leur consommation. L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) s’est même associée à plusieurs d’entre eux pour lancer un observatoire mondial de l’impact énergétique de l’IA. Une sorte de météo carbone pour les algorithmes. On mesure, on compare, et surtout… on espère que ça pousse à faire mieux. Dans la foulée, des coalitions internationales voient le jour. L’objectif ? Promouvoir une IA “responsable”, c’est-à-dire un peu moins énergivore et un peu plus futée dans sa façon de travailler.

L’exemple Google : IA contre IA

Google, toujours à l’avant-garde, a eu une idée aussi brillante que logique : utiliser une IA pour limiter la consommation… des autres IA. Ou plus précisément, pour gérer le refroidissement automatique de ses datacenters. Résultat : 30 % d’économie d’énergie juste sur la climatisation des serveurs. Pas mal, non ?

Mieux encore, Google affirme que ses infrastructures sont désormais deux fois plus efficaces que la moyenne du secteur. En cinq ans, ils ont réussi à générer sept fois plus de puissance de calcul avec la même quantité d’énergie.

OpenAI s’y met aussi

De son côté, OpenAI muscle ses modèles tout en réduisant la facture énergétique. Comment ? En utilisant des GPU nouvelle génération, moins gourmands, mais tout aussi puissants. ChatGPT est ainsi devenu plus économe qu’à ses débuts – même si on est encore loin d’une recherche “basse consommation”.

Vers une IA plus sobre ?

Au-delà des technologies, c’est aussi tout un état d’esprit qui commence à se propager. De plus en plus de projets IA s’accompagnent désormais d’une évaluation environnementale. L’objectif ? Identifier les modèles trop coûteux, les simplifier, les optimiser. Bref, faire aussi bien avec moins. Parce que oui, la sobriété énergétique devient un vrai critère de performance. C’est même en train de devenir un standard. Ce qui était un “plus” devient un “pré-requis”. Et c’est tant mieux.

En conclusion

L’intelligence artificielle, c’est un peu comme une Formule 1 du calcul : rapide, impressionnante, mais très énergivore. La bonne nouvelle, c’est que les « constructeurs » commencent à l’équiper d’un moteur hybride, voire électrique. Et à lever le pied sur l’accélérateur quand il faut.

Bref, l’IA de demain sera peut-être moins gourmande en énergie mais, chacun à notre niveau, on peut essayer de jouer le jeu et limiter nos usages au nécessaire en essayant d’écarter les productions inutiles ou futiles.

Quelques sources intéressantes


2 commentaires

  1. Bravo Noël ! une fois de plus, on apprend et on a le mode d’emploi pour refaire.
    C’est simple, efficace. Un super Merci.
    Luc V.

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