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Le mot – Victor Hugo

Google déteste les contenus dupliqués. Et ce poème est repris à de multiples endroits de part la toile, mais je ne résiste pas à l’envie d’en consigner une copie ici, au sein de mon site Internet et pour lui donner un cachet personnel, c’est avec mes vers que je l’introduis. Si vous ne connaissez pas ce texte, je vous envie presque car vous pourrez goûter à la joie indicible de sa découverte. Le vrai titre n’est pas « Le mot », car en réalité, dans le cas des poèmes sans titre explicite, on utilise le premier vers. J’aurais donc du titrer : Braves gens prenez garde aux choses que vous dites !

Lecteur, prête-moi l’oreille ne serait-ce qu’un instant
Aujourd’hui je te mène, vers un texte éclairant.
C’est de Victor Hugo, un géant lumineux,
Qui nous offre dans « Le mot » un joyau précieux.

Chaque syllabe écrit sa force et sa beauté,
Chaque rime est lumière et pure vérité.
Le poète révèle en des mots majestueux,
Le pouvoir d’un seul, même s’il est malheureux.

Ainsi, goûtez ces vers au destin éternel,
Découvrez sous vos yeux ce chef-d’œuvre immortel.
Victor Hugo vous tend, par sa plume affutée,
Un poème divin, qu’on ne peut oublier…

Noël G.

Le Mot

Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites !
Tout peut sortir d’un mot qu’en passant vous perdîtes ;
TOUT, la haine et le deuil ! Et ne m’objectez pas
Que vos amis sont sûrs et que vous parlez bas.
Écoutez bien ceci : tête-à-tête, en pantoufle,
Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
Vous dites à l’oreille du plus mystérieux
De vos amis de cœur ou si vous aimez mieux,
Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,
Dans le fond d’une cave à trente pieds sous terre,
Un mot désagréable à quelque individu.
Ce MOT — que vous croyez qu’on n’a pas entendu,
Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre —
Court à peine lâché, part, bondit, sort de l’ombre ;
Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin ;
Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;
Au besoin, il prendrait des ailes, comme l’aigle !
Il vous échappe, il fuit, rien ne l’arrêtera ;
Il suit le quai, franchit la place, et cætera
Passe l’eau sans bateau dans la saison des crues,
Et va, tout à travers un dédale de rues,
Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.
Il sait le numéro, l’étage ; il a la clé,
Il monte l’escalier, ouvre la porte, passe,
Entre, arrive et railleur, regardant l’homme en face
Dit : « Me voilà ! Je sors de la bouche d’un tel. »
Et c’est fait. Vous avez un ennemi mortel.

Victor Hugo – 1802 — 1885 – La page Wikipédia
Ce poème est extrait du recueil Toute la lyre, publié à titre posthume en 1888

Mise à jour du 23-06-2025

J’ai rédigé un article sur une IA nommée SUNO, une intelligence artificielle qui est capable de créer des chansons. Et quand on donne un poème de cette qualité à cette IA, ça donne ça :

Mise à jour du 02/03/2026

Le commentaire de Jean (ci-dessous) m’a donné une belle occasion — que je saisis avec plaisir — de partager ce moment de télévision rare et précieux.

Sur le plateau de C à Vous, André Dussollier a offert sa voix à l’un des textes les plus envoûtants de Victor Hugo : « Le Mot ». Ce poème, qui nous rappelle avec une force saisissante qu’un mot — une fois libéré dans l’air — cesse d’appartenir à celui qui l’a prononcé pour devenir une puissance autonome, presque vivante, méritait un interprète à sa hauteur. Il l’a trouvé.

Car il y a quelque chose de particulièrement juste dans le fait qu’un comédien de la trempe de Dussollier se soit emparé de ce texte dans un cadre qui ne s’y prêtait pas. Comme si le poème lui-même avait imposé sa présence, indifférent au décor.

Un écrin vocal d’exception pour un texte qui traverse le temps.

4 commentaires

  1. Magnifique prose, un poème que je découvre et qui est puissant de sens.

    Merci !

  2. Ravi que ça te plaise l’Ami. Pour moi ce texte est effectivement un joyau précieux (pléonasme assumé).

  3. J’ai découvert ce poème récemment, lu au débotté par André Dussolier dans une émission de télé qui ne s’y prêtait pas, mais le talent et la voix de Dussolier ont bien rendu ce merveilleux texte.
    Par contre la mise en chanson par l’IA ça ne colle pas du tout….et c’est tant mieux.
    Merci pour ce partage.
    Jean

  4. Merci à vous Jean, pour être passé par ici et pour me rappeler cette superbe séquence télévisuelle. J’ai ajouté la vidéo de Youtube avec Monsieur Dussolier qui déclame « Le mot ». Effectivement, il serait dommage de se passer de ce « bonbon »… Merci à vous !

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