Apprendre avec l’IA

Apprendre avec l’IA

L’Intelligence Artificielle est actuellement au cœur de (presque) toutes les discussions, peu importe le sujet et peu importe vers où se porte notre regard.

Le monde de l’enseignement et de la formation n’échappe pas à cette déferlante.

Je suis en train de me former pour devenir Formateur Professionnel d’Adultes. En parallèle, depuis la sortie en fanfare de Chat GPT, j’étudie aussi beaucoup les différents modèles d’IA « grand public » dans le cadre de l’apprentissage et de la formation. C’est donc tout naturellement que ce sujet de discussion s’est invité dans les échanges entre pairs dans notre groupe d’apprenants et me moins que l’on puisse dire, c’est que les avis sont aussi divers que variés autour de cette discussion. C’est pourquoi j’ai réalisé une petite session d’information pour mes pairs qui étaient curieux de voir comment j’utilise l’IA dans mon quotidien et plus précisément, comment je l’utilise dans le cadre du cursus que je suis actuellement. Une méthode de travail qui peut être déclinée à l’infini et dans de nombreuses configurations.

De quoi parle t-on quand on parle d’IA ?

Avant de plonger dans le vif du sujet, mettons les choses au clair. L’univers des IA est immense et en constante expansion, bien au-delà de ce que monsieur et madame « tout le monde » perçoit. L’intelligence artificielle intervient aujourd’hui dans des domaines aussi variés que la science, l’industrie, la recherche, la médecine, la finance et bien d’autres, optimisant des processus, analysant des données complexes ou encore assistant les chercheurs de tous poils dans leurs découvertes.

L’intelligence artificielle connaît des avancées spectaculaires et transforme en profondeur de nombreux domaines, de la médecine aux sciences fondamentales, en passant par la finance, l’industrie ou la création artistique. En médecine, l’IA révolutionne le diagnostic et la prévention grâce à des algorithmes capables d’analyser des images médicales (IRM, radiographies, scanners) avec une précision inégalée, permettant de détecter précocement des maladies comme le cancer. Des modèles prédictifs, utilisant des échantillons biologiques et le machine learning, identifient désormais les individus à haut risque de développer certaines pathologies, comme le cancer du poumon. L’IA facilite aussi la médecine de précision en recommandant des traitements personnalisés, adaptés au profil génétique et médical de chaque patient, et permet d’anticiper des urgences médicales grâce à l’analyse en temps réel de signaux verbaux et non verbaux. Par ailleurs, elle automatise des tâches administratives, libérant du temps pour le soin direct aux patients.


Dans les sciences fondamentales, l’IA accélère la recherche et la découverte. L’exemple le plus marquant est AlphaFold, développé par Google DeepMind, qui prédit la structure 3D de millions de protéines, bouleversant la biologie structurale et ouvrant la voie à la découverte rapide de nouveaux médicaments. L’apprentissage profond permet aussi de redécouvrir, à partir de données expérimentales, des lois physiques fondamentales, comme celles de Kepler ou Newton, et d’identifier de nouvelles variables explicatives dans des phénomènes complexes. Plus largement, l’IA générative et les modèles prédictifs facilitent la modélisation, la conception d’expériences et l’analyse de grandes masses de données, rendant la recherche scientifique plus rapide et plus efficace.


Au-delà de la santé et des sciences, l’IA s’impose dans la finance pour la détection de fraudes et la prédiction des marchés, dans l’industrie pour l’automatisation et l’optimisation des processus, ou encore dans la création artistique grâce à la génération de contenus originaux (textes, images, musique), une utilisation d’ailleurs sources de grandes polémiques avec un respect très relatif des droits d’auteur. Ces innovations ouvrent des perspectives inédites, mais soulèvent aussi des défis éthiques majeurs, notamment en matière de protection des données et d’équité.


Cependant, lorsque le grand public parle d’IA, il fait principalement référence aux intelligences artificielles génératives, notamment celles spécialisées dans le texte et les images. Pensez à ChatGPT, Gemini (celui que nous allons « titiller » ensemble), Claude, Midjourney, DALL-E, etc. Ce sont des programmes très puissants, entraînés sur des quantités astronomiques de données (textes, images, etc.), capables de « comprendre » et de générer du langage humain ou des visuels avec une fluidité et une efficacité tout simplement bluffantes. C’est principalement de ces IA génératives dont nous allons parler dans cet article et plus précisément des IA Génératives pour le texte et le raisonnement.

Tout ce que l’on verra dans cet article est valable pour la plupart de ces IA. Aujourd’hui, on va se concentrer sur des outils gratuits, parce que c’est toujours mieux quand ça ne coûte pas un rein, on est d’accord ! Donc, on va travailler avec Gemini (l’IA de Google) et une petite merveille qui s’appelle NoteBookLM. NoteBookLM a qui j’ai déjà consacré la semaine dernière un article conséquent que vous pouvez aller lire si vous voulez approfondir.

L’IA, c’est un gadget ?

Beaucoup de personnes qui testent les IA sont assez déçues par le résultat qu’elles obtiennent. La plupart du temps, c’est du à une méconnaissance des règles qui régissent la façon dont on interagit avec ces outils de nouvelle génération.

Mais détrompez vous ces IA sont tout sauf des gadgets de geek à la mode ! Avec un peu de pratique, elles se révèlent être des outils super puissants, utiles et pratiques, surtout quand on est du genre curieux et qu’on a envie d’apprendre des trucs ou de se faciliter la vie au boulot.

Personnellement, j’utilise l’IA à toutes les sauces dans mon travail et soyons honnêtes, quand on sait s’en servir, c’est un peu comme avoir un assistant personnel ultra compétent, quasi omniscient, assis juste à côté de toi et qui peut t’aider en toutes circonstances…

Une utilisation intelligente

BON : on va commencer par enfoncer une porte ouverte (mais c’est nécessaire) :

L’idée, ce n’est PAS de laisser l’IA faire le boulot à votre place. Ça n’a aucun intérêt. C’est un peu comme de dire « Je parle anglais » sur votre CV alors qu’en vrai, vous savez à peine aligner trois mots. À la première question en anglais de votre futur employeur, vous êtes démasqué. Et non seulement vous avez l’air ridicule, mais en plus, vous n’avez absolument rien appris !

Si vous demandez à une IA de vous écrire un texte que vous ne comprenez pas ou de résoudre un problème dont vous ignorez les bases, vous produirez peut-être quelque chose qui fera illusion, mais vous resterez à quai en termes de compétences. Et le jour où il faudra expliquer ou adapter ce que l’IA a fait à votre place, vous serez bien embêté (à la maison j’utilise un autre mot pour ça — Robert si tu nous écoutes).

Le but ici, c’est de montrer comment utiliser l’IA comme un levier, comme un compagnon de route et d’apprentissage, comme un allié bienveillant toujours disponible.

En effet, bien utilisée, l’IA peut nous aider à comprendre plus vite, à structurer nos idées, à explorer de nouveaux sujets, à apprendre et à réviser des concepts, à nous challenger.

  1. Expliquer un concept complexe : Vous tombez sur un sujet ardu ? Demandez à l’IA de vous l’expliquer avec des mots simples, comme si vous aviez 10 ans (ou 50, peu importe !) ou avec une analogie qui vous parle. C’est magique pour débloquer une compréhension.
  2. Brainstormer et générer des idées : Vous avez besoin d’inspiration ? L’IA peut vous proposer des dizaines d’idées en quelques secondes pour un article, un titre, un plan de formation…
  3. Résumer de longs textes : Vous avez un rapport de 50 pages à digérer rapidement ? Demandez à l’IA d’en faire un résumé concis des points clés. Demandez également à remplacer le jargon technique et les termes trop grandiloquents par des formulations simple et facile à appréhender. Gain de temps assuré !
  4. Structurer vos pensées : Vous avez plein d’idées en vrac sur un sujet ? Donnez-les à l’IA et demandez-lui de vous proposer un plan structuré, avec des sections, des sous-sections ou même une carte mentale… Nickel pour démarrer un projet !

C’est ce que j’explique à mes enfants : l’IA, utilisez-là comme un coach, pas comme un larbin qui fait vos devoirs.

D’ailleurs, tenez-vous bien, j’ai lu ce matin qu’à l’université d’Oxford, ils ont carrément un cursus pour apprendre aux étudiants à bosser AVEC l’IA

Oui oui : travailler « AVEC ».
Comme quoi, ça ne doit pas être
si déconnant que ça comme idée non ?

passe ton curseur sur cette image

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L’IA n’est pas votre esclave !
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Utilisez l’IA comme un partenaire efficace et toujours disponible

Dans la même veine, je vous invite aussi à lire cet article publié en …… 2023 :

« Assigning AI: Seven Ways of Using AI in Class »

L’auteur est un enseignant et il explique comment l’arrivée de l’IA (et notamment ChatGPT) a bouleversé le monde de l’éducation, suscitant d’abord la crainte de la triche, mais révélant aussi de nombreuses opportunités pédagogiques. Plutôt que d’interdire l’IA, il propose de l’intégrer activement en classe, en identifiant sept façons concrètes de l’utiliser : comme tuteur, coach, mentor, coéquipier, outil, simulateur et élève. L’article détaille particulièrement les rôles de coach (pour aider les élèves à réfléchir sur leur travail en équipe) et de tuteur (pour accompagner l’apprentissage de nouveaux concepts), en fournissant des exemples de consignes à donner à l’IA et des conseils pour éviter ses écueils (hallucinations, manque de contexte, etc.). L’auteur insiste sur la nécessité d’encadrer l’usage de l’IA, d’apprendre aux élèves à l’utiliser de manière critique et responsable et de voir cette technologie comme une opportunité d’expérimenter de nouvelles méthodes pédagogiques, tout en restant conscient de ses limites.

https://www.oneusefulthing.org/p/assigning-ai-seven-ways-of-using

Partie 1 : NoteBookLM

Et votre documentation prend vie !

Imaginez un carnet de notes intelligent qui non seulement stocke vos documents mais aussi les analyse, les comprend, est capable de les exploiter, d’en tirer la substantifique moelle et même de discuter avec vous à leur sujet. Et bien NoteBookLM, c’est carrément ça. Et le top, c’est que c’est gratuit et intégré à votre compte Google.

Comment marche ce petit bijou ? D’abord, rendez-vous à l’adresse suivante : notebooklm.google.com. Une fois connecté, vous êtes dans votre espace perso.

Concrètement, on fait quoi avec ? Ici, je vais expliquez très rapidement les concepts principaux. Un article beaucoup plus détaillé est à lire ici. (J’en suis à la troisième citation de cet article sur cette page, promis j’arrête !)

Dans NoteBookLM, vous créez des carnets de notes. Dans chaque carnet, vous ajoutez vos sources : des PDF, des Google Docs, des Google Slides, des sites web, du texte saisi et même des vidéos YouTube !

Prenons un exemple. Je suis membre du CSE (Comité Social et Économique) au sein de mon entreprise. Autant vous dire que la Convention Collective est un (énorme) référentiel, que je suis censé connaître sur le bout des doigts. Mais il n’en est rien.

Que celui qui a lu en entier une convention collective lève la main… Ou se taise à jamais 😉

Évidemment, je ne l’ai pas apprise par cœur. Par contre, je l’ai chargée dans NoteBookLM et là, Magie ! NoteBookLM est devenu un expert de MA convention collective. Je peux lui poser des questions précises, comme « Quelles sont les modalités pour bénéficier d’un congés maternité pour un cadre ? » et hop, il me sort la réponse, basée uniquement sur le document que je lui ai fourni. C’est ça la force de NoteBookLM : il ne va chercher les infos QUE dans VOS sources. Vous gardez le contrôle total de l’information et vous avez la garantie de la qualité de la réponse (pour peu que vos sources soient fiables, bien entendu).

Créons ensemble un Notebook pour le titre FPA (Formateur Professionnel d’Adultes) :

  1. Cliquez sur « Créer » un nouveau notebook.
  2. Ajoutez vos sources. Pour l’exemple, j’ai préparé le référentiel du titre (le REAC, le RE), un petit doc perso sur la règle des 3C de Mager, et surtout, toutes les notes et toutes les informations que j’ai relevées dans les 4 blocs de formation dont je me nourris quotidiennement depuis plusieurs mois.

Une fois les sources chargées, NoteBookLM devient votre expert personnel sur le titre FPA. Vous pouvez l’interroger, lui demander d’expliquer des concepts… Par exemple, si je lui demande « Explique-moi la règle des 3C de Mager », il va puiser dans mes documents pour me donner une réponse claire et précise.

Et le petit plus qui tue : à côté de chaque information qu’il vous donne, il y a des numéros cliquables qui vous indiquent exactement d’où il a tiré cette info dans vos documents sources. Vous pouvez cliquer dessus pour voir le passage concerné. Fini de se demander si l’IA a « halluciné » sa réponse !

L’astuce du pro :

Un collègue qui bosse sur des logiciels ultra-complexes avec des référentiels techniques à rallonge a tout mis dans NoteBookLM. Résultat : il obtient des réponses à ses questions en quelques secondes, au lieu de passer des heures à fouiller dans son abondante base documentaire ultra technique. Un gain de temps monumental !

Si une réponse de NoteBookLM vous plaît, vous pouvez l’enregistrer en tant que note d’un simple clic. Ces notes sont stockées dans votre NoteBook, prêtes à être consultées plus tard.

En version gratuite, vous pouvez importer jusqu’à 50 documents, et chaque document peut peser jusqu’à 200 Mo. Autant dire que vous avez de la marge pour stocker de la documentation !

Mais attendez, ce n’est pas fini ! NoteBookLM a d’autres tours dans son sac :

  • La carte mentale automatique : Vous sélectionnez vos sources (toutes ou juste quelques-unes), vous cliquez sur « Carte mentale », et l’outil vous génère une carte heuristique complète des thématiques abordées. C’est dynamique : vous cliquez sur un nœud, ça développe les sous-parties et si vous cliquez dessus, vous générez immédiatement une petite note synthétique sur le concept. Idéal pour réviser ou avoir une vue d’ensemble.
  • Le résumé audio (la TUERIE !) : cliquez sur « Résumé audio conversation approfondie » et NoteBookLM vous crée un podcast où deux « personnes » discutent des points clés de vos documents. Le résultat est bluffant de naturel. Imaginez : vous révisez votre leçon en faisant votre jogging ou votre vaisselle !
    Formateurs ou enseignants, pouvoir produire ce type de support audio de qualité vous rendra de nombreux services : accompagnement de personnes présentant des troubles de l’apprentissage (DYS) ou simplement personnes qui préfèrent écouter que lire.
    • Petite astuce : Le podcast est généré sur l’ensemble des sources sélectionnées. Si vous voulez des podcasts plus courts sur des sujets précis, désélectionnez les autres sources avant de lancer la génération. Vous pouvez télécharger le MP3, le supprimer de NoteBookLM et en générer un nouveau.
  • Le Guide d’Étude : Il vous propose un plan méthodique pour apprendre le contenu de vos documents.
  • Le Document de Synthèse : Un résumé des idées clés de vos sources. Super pratique pour extraire la substantifique moelle(*) de textes un peu verbeux. * Deux fois la même expression dans le même article… Je me fais vieux …
  • La Timeline (Chronologie) : Si vos documents contiennent des dates, NoteBookLM peut vous créer une frise chronologique des événements. Les profs d’histoire vont adorer !
  • La FAQ (Questions Fréquentes) : L’outil génère une liste de questions-réponses pertinentes basées sur vos documents.

Et si je veux adapter le contenu ?

Imaginez que la note générée par l’IA est super mais un peu complexe pour certains de vos apprenants. Vous pouvez lui dire : « Rédige ce texte avec la méthode FALC (Facile À Lire et à Comprendre) parce que j’ai des personnes dyslexiques dans mon groupe ». Et hop, il adapte le texte, avec des phrases plus courtes, plus simples, plus accessibles.

Point crucial : NoteBookLM et ses sources.

Une question qui revient souvent : si je lui parle d’un concept qui n’est pas dans mes sources, va-t-il le chercher sur internet ? La réponse est NON. NoteBookLM se base exclusivement sur les documents que vous lui avez fournis. C’est ce qui garantit la fiabilité de l’information. Si vous lui demandez de parler d’un sujet qui n’est pas traité dans vos sources, il vous dira simplement qu’il n’a rien trouvé … dans vos sources.

NoteBookLM, c’est donc votre bibliothécaire personnel survitaminé, avec une mémoire d’éléphant, capable de vous aider à digérer et à produire du contenu à partir de vos propres informations fiables.

Partie 2 : Gemini

Créez votre coach d’apprentissage personnel

Maintenant, passons à Gemini. C’est aussi un produit gratuit disponible avec votre compte Google et c’est le moteur qui travaille derrière NoteBookLM. Mais on peut aussi (et on va) l’utiliser directement via à l’adresse gemini.google.com et attention, on va monter encore d’un cran dans l’interaction avec l’IA.

Petit point sur les prompts ou, « l’art de bien demander à l’IA »

Vous avez sûrement entendu parler des « prompts », ces fameuses instructions qu’on donne à l’IA (on appelle ça aussi des « invite »). On a fait tout un foin autour du « prompt engineering », comme s’il fallait un diplôme d’ingénieur pour s’en sortir. Que nenni !

Quelques règles de base pour bien « prompter » :

  1. Pas de chichis : Oubliez les « s’il vous plaît », « merci ». Ça ne sert à rien, à part consommer de l’électricité. Soyez direct.
  2. Soyez précis : Dites clairement ce que vous voulez. Donnez des détails, du contexte.
  3. Donnez-lui un rôle : « Tu es un expert en formation FPA », « Comporte-toi comme un jury du titre FPA ». Ça aide l’IA à calibrer le niveau et le style de sa réponse.
  4. Précisez le public cible et l’objectif.
  5. Indiquez le format de sortie souhaité : un tableau, un texte rédigé, une liste à puces, etc.

Mon conseil de pro, une astuce qui change tout :

Avant de valider votre demande, ajoutez cette petite phrase magique : « Avant de répondre, confirme-moi que tu as compris et pose-moi les questions nécessaires pour que tu répondes à 100% de la tâche. »

Pourquoi c’est génial ?

  • L’IA va reformuler votre demande, ce qui vous permet de vérifier si vous avez été clair.
  • Elle va vous poser des questions pour affiner sa compréhension et souvent, ce sont des questions auxquelles vous n’auriez même pas pensé ! Ça enrichit de fait votre propre réflexion.

Exemple : Créer un cours sur la physique quantique avec Gemini

Imaginons que je doive préparer un cours de base sur la physique quantique pour des élèves de terminale.

Si je demande : « rédige moi un cours sur la physique quantique », il y peu de chance que le résultat produit par l’IA colle à mes attentes à 100 %. Le résultat sera sans doute très généraliste, peu structuré et pas très exploitable. C’est l’essence même des résultats décevants dont je parlais en début d’article.

Mais avec quelques ajustements, mon prompt pourrait ressembler à ça :

Comporte-toi comme un agrégé en physique quantique.
J’ai besoin de préparer un cours de base sur la physique quantique pour des étudiants de terminale. Je souhaite un cours rédigé de la façon suivante :

  • Introduction : la physique quantique en bref
  • Partie 1 : les concepts clés
  • Partie 2 : les applications concrètes
  • Partie 3 : conclusion et synthèse

Avant de répondre, confirme-moi que tu as compris et pose-moi les questions nécessaires pour que tu répondes à 100% de la tâche.

Gemini va alors me répondre quelque chose comme :

Absolument ! J’ai bien compris la structure de ta demande concernant la physique quantique :

  • Introduction : la physique quantique en bref
  • Partie 1 : les concepts clés
  • Partie 2 : les applications concrètes
  • Partie 3 : conclusion et synthèse

Pour m’assurer de répondre au mieux à tes attentes, pourrais-tu me donner quelques indications sur le niveau de détail que tu souhaites pour chaque partie ? Par exemple :

  • Pour l’introduction : Souhaites-tu une définition concise de la physique quantique et de son importance ?
  • Pour la partie 1 (concepts clés) : Y a-t-il des concepts spécifiques que tu aimerais que j’aborde en priorité (superposition, intrication, quantification, etc.) ? Quel niveau de technicité recherches-tu pour ces explications ?
  • Pour la partie 2 (applications concrètes) : As-tu en tête des domaines d’application particuliers qui t’intéressent (informatique quantique, médecine, matériaux, etc.) ?
  • Pour la partie 3 (conclusion et synthèse) : Aimerais-tu un résumé des points clés abordés et une perspective sur les défis et les perspectives de la physique quantique ?

Une fois que j’aurai ces précisions, je pourrai te fournir une réponse complète et pertinente.

Il me suffit de répondre à ces questions pour que Gemini se mette au travail et me ponde un cours structuré, adapté, qui tient compte de mes précisions. En tant que prof, je viens de gagner un temps précieux pour préparer ma séquence. Bien sûr, mon expertise me permet de vérifier la justesse du contenu.

Les « Gem » de Gemini : Fabriquez votre propre coach IA !

Maintenant, attention les yeux, on va parler d’une fonctionnalité de Gemini qui est une pure merveille : les Gem. (Chez ChatGPT, ça s’appelle des « projets », chez Perplexity, des « espaces », chaque IA y va de son module « projet »).

Un Gem, c’est quoi ? C’est un espace où vous allez personnaliser Gemini pour une tâche spécifique, en lui donnant des instructions très précises et des documents de référence.

Créons un Gem « Apprends-moi FPA » :

  1. Dans Gemini, allez dans « Découvrir les Gems » et cliquez sur « Créer un Gem ».
  2. Donnez-lui un nom, par exemple « Apprends-moi FPA ».
  3. Les Instructions (le cœur du réacteur !) : C’est ici que vous allez rédiger un prompt détaillé (une suite d’instructions) qui explique à votre Gem son rôle, ses connaissances, comment il doit interagir, etc. J’ai préparé des instructions assez complètes (vous pourrez vous en inspirer) :
    • Rôle : Tu es une IA experte en formation professionnelle pour adultes, spécialisée dans l’accompagnement des personnes préparant le titre FPA de niveau 5.
    • Connaissances : Tu maîtrises parfaitement l’andragogie, l’ingénierie de formation, l’ingénierie pédagogique, les modalités et techniques d’évaluation, les outils numériques, l’accompagnement individuel.
    • Sources : Tu te bases essentiellement sur les référentiels officiels du titre FPA (REAC, RE) que je vais te fournir. Tu peux aussi te baser sur les 4 blocs de cours que je te donne et chercher sur internet si besoin. Important : contrairement à NoteBookLM, Gemini peut aller chercher des infos sur le web si on l’y autorise.
    • Modalités d’interaction : Utilise le vocabulaire technique exact. Organise tes réponses de façon claire. Illustre tes conseils par des exemples concrets. Cite les référentiels quand c’est pertinent. Sois bienveillant. Ne te substitue pas à un formateur réel. Encourage ma réflexion personnelle.
    • Format de réponse attendu : « Quand je te demande d’expliquer un concept, tu donnes une définition, les éléments clés, un exemple, et le lien avec les compétences du référentiel.
  4. Ajoutez vos Fichiers Sources : Importez vos PDF, vos documents Google Drive contenant les référentiels, les cours, etc.
  5. Enregistrez votre Gem.
  6. Vous avez maintenant un espace de chat avec une IA ultra-spécialisée sur le FPA, configurée selon vos besoins !

Et maintenant, « Go FPA » ! (Mon petit secret pour des sessions de révision interactives)

Une fois mon Gem « Apprends-moi FPA » créé, voici la première instruction que je lui donne dans la fenêtre de chat :

À chaque fois que je te dirai Go FPA (utilisez le mot ou la phrase de votre choix), tu feras les actions suivantes :

  1. Choisis une thématique au hasard dans les quatre blocs de formation.
  2. Explique-la de façon pédagogique.
  3. Joue avec moi pour me faire comprendre cette thématique (questions, mises en situation, etc.).
  4. Pose-moi quatre questions sous forme de QCM.
  5. Corrige-moi quand je te donne mes réponses, en m’expliquant mes erreurs et ce que j’ai bien fait.
  6. Est-ce que c’est clair pour toi ? (Ici, je force l’IA à reformuler ma demande ce qui me permet de vérifier que je l’ai bien exprimée).

Et là, la magie opère. Je tape simplement « Go FPA », et la session commence :

  • L’IA choisit un thème (ex: « La règle des 3C de Mager »).
  • Elle m’explique le concept de manière détaillée, en citant les référentiels (comme je lui ai demandé dans les instructions du Gem).
  • Elle me propose une mise en situation (« Imaginez que vous devez former des adultes à un nouvel outil de gestion de projet. Comment formuleriez-vous un objectif pédagogique opérationnel avec les 3C pour leur apprendre à créer une tâche ? »).
  • Je propose ma réponse. (Ici je vais volontairement introduire une erreur dans ma réponse — avec ses amis — pour que vous puissiez voir comment elle se comporte). Par exemple : « À la fin de la séance, l’apprenant sera capable de créer une tâche en moins de 5 minutes avec ses amis. »
  • L’IA analyse ma réponse avec bienveillance : « Merci pour votre proposition, c’est un bon début ! Analysons ensemble :
    • Comportement observable : « créer une tâche », c’est bien.
    • Conditions de réalisation : « avec ses amis ». Humm, petite confusion ici. Les conditions décrivent plutôt l’environnement matériel ou les contraintes de méthode. « Avec ses amis » est une modalité, pas une condition d’évaluation selon Mager. Quelles seraient les vraies conditions ? (ex: sur son ordinateur, avec tel logiciel…).
    • Critère de réussite : « en moins de 5 minutes », c’est un bon critère quantitatif. Pourrait-on en ajouter d’autres ? »
  • Ensuite, elle me pose un QCM de 4 questions sur le thème.
  • Je réponds au QCM (ex: 1-B, 2-C, 3-D, 4-B).
  • Elle corrige le QCM : « Excellent ! Vos réponses sont correctes ! Félicitations pour ce sans-faute ! » (Et si j’avais fait des erreurs, elle m’expliquerait pourquoi, toujours avec pédagogie et en s’appuyant sur les sources).
  • Elle continue même en me donnant des pistes pour aller plus loin ou en récapitulant les points importants de ma mise en situation.

Franchement, vous voyez la puissance du truc ? C’est un coach personnel, disponible 24/7, qui s’adapte à moi, qui connaît mes supports de cours par cœur et qui est programmé pour m’aider à apprendre de la manière la plus efficace possible !

Astuce : Gemini garde le contexte

Quand vous êtes dans une conversation avec un Gem (ou même dans un chat Gemini normal), l’IA se souvient de ce qui a été dit précédemment. Si je relance un « Go FPA », il ne me proposera pas un sujet qu’on a déjà traité. Si je lui demande d’approfondir le point 2 de sa réponse précédente, il sait de quoi je parle.

En quelques minutes, je viens de recevoir à l’écran un cours complet, j’ai été mis en situation (j’ai du produire un livrable) et j’ai été évalué (sous la forme du’un QCM).

Mais, pour moi le travail ne s’arrête pas là. Je copie-colle ces échanges dans mon Google Drive, je les mets un peu en forme et me voila avec de parfaites fiches de révision super complètes !

En résumé, pourquoi ces outils sont géniaux pour apprendre :

  • Contrôle des sources (surtout avec NoteBookLM) : Vous savez d’où vient l’info.
  • Adaptabilité : L’IA peut simplifier, approfondir, reformuler selon vos besoins.
  • Interactivité : Ce n’est pas juste du descendant, vous êtes acteur de votre apprentissage.
  • Gain de temps : Pour synthétiser, trouver des infos, préparer des supports.
  • Motivation : C’est ludique et gratifiant de « jouer » avec l’IA pour apprendre.

Petite réflexion philosophique : L’IA ne va pas vous piquer votre job

J’entends souvent dire que l’IA va supprimer des emplois. En réalité, ce sont les gens qui savent utiliser l’IA qui risquent de prendre la place de ceux qui ne savent pas s’en servir. L’IA est là, elle fait partie du paysage. Autant apprendre à surfer sur la vague plutôt que de se laisser submerger. L’idée, c’est de voir l’IA comme un collaborateur.

Au bureau, il ne se passe pas une journée sans qu’un collègue ne m’appelle en me disant : dis donc, toi qui connais bien Excel, tu peux m’aider sur tel sujet ? Demander de l’aide à un collègue compétent, ce n’est ni tricher ni immoral. Voir l’IA comme ce collègue expert, toujours dispo, c’est une bonne approche.

« L’IA ne va pas prendre votre emploi, ce sont plutôt les personnes capables de s’en servir pour être plus productives qui le feront »

Roberto Saracco

Quelques dernières astuces en vrac :

  • Gemini vs ChatGPT vs Claude… : Lequel choisir ? Honnêtement, pour les versions gratuites, ces différents modèles se valent globalement. J’ai une petite préférence pour Gemini pour la création de « Gems » comme celui que je vous ai montré, je le trouve moins verbeux que ChatGPT pour cet usage. Testez-les, voyez celui avec lequel vous êtes le plus à l’aise.
  • N’ayez pas peur d’itérer : Si la première réponse de l’IA ne vous convient pas, affinez votre demande, posez des questions, demandez des précisions. C’est une conversation.
  • Utiliser des sources externes fiables : Si vous devez travailler sur un sujet que vous ne maîtrisez pas avec Gemini (qui peut chercher sur le web), une bonne pratique est d’abord de vous constituer une base de documents fiables (par exemple, en utilisant Perplexity en mode « ressources académiques » pour trouver des PDF sérieux), puis de donner ces sources à votre Gem.

Pour finir

Voilà, j’espère que ce petit tour d’horizon vous a ouvert quelques perspectives et vous a donné envie d’explorer le potentiel de ces outils. L’IA, bien utilisée, c’est vraiment un atout formidable.

J’espère aussi vous avoir donné envie d’en savoir un peu plus car aujourd’hui, si vous êtes un actif, il est vraiment nécessaire de prendre la balle au bond.

Alors, à vous de jouer maintenant ! Testez, explorez et surtout, restez curieux ! Si vous avez des questions, n’hésitez pas, les commentaires sont là pour ça. Et si vous voulez le prompt exact que j’ai utilisé pour mon Gem « Apprends-moi FPA », demandez-le, je le partagerai avec plaisir !

Allez, à la prochaine pour de nouvelles aventures numériques !

2 commentaires

  1. Ton enthousiasme n’a pas d’autre égal que ta générosité, Nono. Respect.

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