Kitcreanet M5 puces

Voyage au cœur de l’infiniment petit

Ce que cache vraiment le cœur de votre ordinateur

Bonjour à toi, lecteur de passage ou fidèle abonné.

Tu es probablement en train de lire ces lignes sur un ordinateur portable ou un smartphone. Un objet lisse, fini, silencieux (la plupart du temps). On l’utilise, on le glisse dans un sac et on oublie souvent le miracle d’ingénierie qui ronronne sous nos doigts.

Je viens de voir une vidéo absolument époustouflante, sous bien des aspects. La réalisation d’abord : loin de la diarrhée IA qui inonde les réseaux sociaux et Youtube, la vidéo fait un usage intensif de Blender et le travail réalisé est tout simplement magistral. Rien que pour ça la vidéo vaut le détour !

Un GRAND merci à Benoît R. qui m’a donné le lien ! — je ne pouvais rien faire de mieux que de partager à mon tour cette sublime pépite pédagogique.

Les puces comme l’Apple M5 concentrent aujourd’hui des dizaines de milliards de transistors dans un espace plus petit qu’un ongle, au point de frôler l’échelle de l’atome. Pour comprendre ce que cela signifie vraiment, la vidéo nous offre un voyage épique au travers de différents changements d’échelle, de la taille humaine à la taille du transistor.​

De la taille humaine au clavier

La vidéo commence à l’échelle « normale » : un humain d’environ 2 m de haut dans une pièce, avec un MacBook Pro posé sur une table. L’objectif est de visualiser ce qui se cache dans un objet du quotidien, comme un ordinateur portable ou un smartphone, que l’on manipule sans jamais percevoir sa complexité interne.

À la première réduction (×100), le narrateur devient grosso modo de la taille d’une touche de clavier. Ce même clavier qui apparaît alors comme une sorte de « quartier d’immeubles », ce qui illustre comment, à mesure que l’on rapetisse, chaque détail d’un objet familier se transforme en paysage nouveau.​

Millimètre, micromètre, nanomètre : changer d’échelle

La suite du voyage consiste en plusieurs « claquements de doigts », chacun divisant encore la taille par 100 pour descendre dans le monde du très très très petit. L’idée centrale est de donner des repères concrets pour des unités qui, sur une simple fiche technique, restent totalement abstraites pour le commun des mortels.

  • À environ 200 micromètres de hauteur, le personnage est à peu près deux fois plus grand que l’épaisseur moyenne d’un cheveu humain, alors qu’une feuille de papier fait dans les 100 micromètres d’épaisseur. À cette échelle, c’est encore « visible », mais on est déjà à la frontière de ce que l’œil nu peut distinguer.​
  • En poursuivant la réduction, on arrive à l’ordre de grandeur du monde des bactéries : un univers où un grain de riz semble aussi massif qu’une montagne et où des phénomènes physiques comme le mouvement des molécules d’air ou la longueur d’onde de la lumière commencent à dominer l’expérience.
  • En descendant encore, le personnage atteint l’ordre de quelques dizaines de nanomètres, échelle des structures à l’intérieur même des transistors modernes.

Ce passage progressif montre qu’entre « ce que l’on voit » et « ce qui fait fonctionner nos puces », il y a un gouffre de plusieurs ordres de grandeur abyssaux magistralement traduits par la vidéo en autant d’étapes visuellement très réussies.

Des premiers transistors aux puces M5

Pour ancrer cette descente dans l’histoire de l’informatique, la vidéo compare les transistors actuels aux premiers transistors et aux premiers ordinateurs. Un transistor de 1948, par exemple, est montré comme un objet gigantesque par rapport aux transistors d’aujourd’hui, presque à l’échelle d’un bâtiment à la taille « rapetissée » du narrateur.​

Cette évolution illustre la loi de Moore : historiquement, le nombre de transistors sur une puce double environ tous les deux ans, ce qui implique de réduire la taille de chaque transistor tout en maîtrisant la fabrication. En pratique, cela a permis de passer de machines occupant une pièce entière, comme l’ENIAC dans les années 1940, à des ordinateurs portables et des smartphones contenant des dizaines de milliards de transistors.

Les puces récentes comme l’Apple M5 tirent parti de procédés de gravure à 3 nanomètres, ce qui permet d’augmenter massivement la densité de transistors pour un même encombrement. Cela se traduit par des processeurs capables de gérer des tâches lourdes (graphisme, IA, calcul scientifique) tout en restant dans un châssis fin et relativement peu gourmand en énergie.​

Le monde à l’échelle du transistor

À l’échelle d’un transistor du M5, le narrateur se retrouve face à une « structure » qui aurait la taille d’un garage ou d’un petit bâtiment, vu sa taille minuscule de quelques dizaines de nanomètres. Cette mise en scène permet de comprendre qu’un transistor moderne n’est plus du tout un composant « discret », mais un motif nanométrique au sein d’une architecture extrêmement dense.

Les transistors de cette génération sont fabriqués par photolithographie : on projette de la lumière à travers un masque sur une surface de silicium recouverte de couches sensibles, ce qui permet de dessiner des motifs de quelques nanomètres de large. Ces étapes sont répétées de nombreuses fois pour empiler couches de matériaux, interconnexions et structures isolantes, jusqu’à former un circuit complet contenant des milliards de transistors.

À cette échelle, on se rapproche littéralement de l’atome, au point que les variations quantiques, la diffusion des électrons et les imperfections de matériaux deviennent des problèmes de conception et de fabrication. La vidéo souligne ainsi que l’on ne sait pas encore combien de temps la loi de Moore pourra rester valable lorsque l’on manipule des structures proches des dimensions atomiques — ce qui est totalement fou, vous en conviendrez.

Retour vers les premiers ordinateurs : de la pièce à la poche

La dernière partie de la vidéo inverse le point de vue : au lieu de continuer à rapetisser, elle imagine ce qui se passerait si l’on construisait un smartphone moderne avec la taille des anciens composants. En reprenant des transistors de type tubes à vide ou des premiers transistors de la fin des années 1940, il faudrait un espace allant d’un quartier urbain jusqu’à la taille d’un État américain pour caser les dizaines de milliards de transistors d’un téléphone récent.

Cette analogie permet de mesurer concrètement le progrès réalisé : la technologie a condensé, en l’espace de quelques décennies, un « ordinateur de la taille d’un État » en un objet qui tient dans la main. La vidéo insiste sur le fait que cette miniaturisation n’est pas magique : elle est le résultat d’innombrables efforts d’ingénierie, de recherche en matériaux, de maîtrise industrielle et d’optimisation de design.

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Si les transistors avaient toujours la même taille qu’en 1960… Votre iPhone serait un poil plus grand…

En conclusion, ce voyage d’échelle montre que les chiffres affichés lors des keynotes (nombre de nanomètres, nombre de transistors, densité, etc.) ne sont pas de simples arguments marketing, mais la traduction d’une course à la miniaturisation qui approche désormais les limites physiques de la matière. Comprendre ces ordres de grandeur aide à mieux apprécier la sophistication des appareils du quotidien et le travail invisible des équipes qui les conçoivent.

Et concernant les créateurs de cette vidéo Marques Brownlee et Epic Spaceman, chapeau bas messieurs !

La vidéo de Marques Brownlee

À regarder avant ou après, mais tout aussi intéressante la vidéo d’Epic Spaceman.

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