Je te dis MERDE !
Il n’est pas rare d’entendre un ami, un collègue, un membre votre famille vous lancer un Je te dis merde à la veille d’un concours, d’un examen ou d’un entretien d’embauche.
Mais savez-vous d’où vient cette étrangeté ?
Le mot merde apparaît dans la langue française dès le XIIe siècle, emprunté directement du latin merda, qui signifie fiente ou excrément.
Mais c’est du côté du théâtre qu’il faut regarder pour trouver l’origine de cette étrange façon de se souhaiter bonne chance.
Jadis, on se rendait au théâtre en calèche. Et plus le spectacle attirait de monde, plus les chevaux piétinaient aux abords du théâtre. Résultat : un beau tapis de crottin de cheval devant l’entrée !
À la fin du XIXe siècle, on pouvait littéralement juger du succès d’une pièce à la quantité de crottin devant la porte. Si la chaussée était constellée de merde, c’est que le théâtre faisait salle comble. CQFD.
Alors, dans ce contexte bien particulier, souhaiter Merde ! à un comédien, c’était en réalité lui souhaiter une salle pleine et donc le succès qui va avec.
La formule est restée. On la glisse encore aujourd’hui aux acteurs, danseurs, circassiens, comme une incantation bienveillante.
Circassien — j’ai appris ce mot en écrivant ce billet — Circassien se dit des gens du cirque.
Attention cependant, une superstition tenace interdit strictement de répondre « merci » sous peine d’attirer la malchance. On répond plutôt par un sourire, un toi aussi, ou un discret signe de tête.
Des expressions similaires existent dans d’autres langues et cultures :
- En espagnol, on dit ¡Mucha mierda!,
- en portugais Muita merda!
- et en anglais, l’équivalent est Break a leg! — littéralement casse-toi une jambe !.
Oui mais pourquoi se casser la jambe ? Il y a plusieurs théorie mais la principale c’est qu’au XIXe siècle les acteurs n’étaient payés que s’ils montaient sur scène (s’il y avait assez de spectateurs dans la salle). Si l’acteur dépassait les rideaux (qu’on appelaient les jambes) et posait le pied sur scène, il était sûr d’être payé.
Voila voila…
