Gros-Jean comme devant
Voilà bien longtemps que je n’avais lu ou entendu cette expression quelque peu désuète et c’est dans le livre du mois (Faites-les lire !) que je l’ai retrouvée, savoureusement servie par monsieur Desmurget.
Dans un livre qui fait la part si belle à la richesse langagière, rien de bien surprenant que d’y trouver pareille pépite historico-linguistique ! Oui, une pépite car l’origine de cette expression est très intéressante !
Alors pourquoi stigmatiser ainsi ce patronyme en l’affublant de cet adjectif pour le moins déplaisant ? Tout d’abord, apprenez que « Gros-Jean » a sa place dans tous les bons dictionnaires ! Celui de l’Académie Française nous apprend que Gros-Jean est un nom masculin invariable qui désigne un homme du commun, sot, rustre et niais (rien que ça).
Mais qu’en est-il du « comme devant » ? Pour le découvrir, on doit reculer loin dans le temps, au Xe siècle.
À cette époque, « Devant » signifiait « Avant ». Donc, Gros-Jean comme Avant…
Voilà qui n’est pas de nature à nous éclairer n’est-ce pas ?
Dernière source d’information : la signification de cette expression : être « Gros-Jean comme devant » signifie subir une grosse désillusion, avoir conçu de grandes espérances et se retrouver dans la même situation qu’avant. Ah ah ! Voici le mot « Avant » qui entre en scène !
C’est à Jean de La Fontaine que nous devons cette succulente expression, issue de sa fable « La laitière et le Pot au lait ».
Alors, dites-moi, ça remonte à quand la dernière fois que vous vous êtes retrouvé Gros-Jean comme devant ?
