DARON
DARON : Oh le joli mot que voilà, très utilisé par nos jeunes et une grande partie de l’industrie musicale notamment du RAP. Si ce mot sonne de façon rugueuse à nos oreilles, vous serez certainement surpris de découvrir qu’il n’est pas si récent et qu’il est utilisé depuis fort longtemps.
Daron est un mot-valise médiéval, combinant « baron » et « dam » (du latin « dominus/domina« ).
Au 13e siècle, Daron (ou Darum) désigne une petite forteresse non loin de Gaza. Construite par le Roi Amaury, elle protège les frontières du royaume et sert à collecter les impôts.
Au 19e siècle, le mot Daron désigne d’abord les bourgeois, puis les tenanciers de cabarets ou de maisons closes.
En 1836, Vidocq, le célèbre forçat devenu policier, utilise le mot Daron dans son « Dictionnaire du monde de la Pègre » et indique que ça veut dire « Père » avec le féminin Daronne pour la « Mère ». Il utilise aussi le mot Daron dans une expression qui lui est personnelle pour nommer le préfet de Police : le Daron de la rousse. (La rousse étant comme vous vous en doutez le mot d’argot utilisé pour désigner la police).
En 1862, Victor Hugo fait référence à un Daron dans « Les misérables » et en 1936, c’est Louis Ferdinand Céline qui utilise le mot Daron au sens de Parents dans son récit autobiographique « Mort à crédit ».
Entre les années 1970 et 2000 le terme est très utilisé dans le domaine de la musique et il est aujourd’hui couramment utilisé par les adolescents pour désigner leurs parents. L’usage de Daron peut varier selon le contexte, allant de l’affectueux au péjoratif.
Alors ? Fier d’être un Daron ou une Daronne ?
