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Pallier

Entendu au bureau cette semaine : « Il va falloir pallier à ce problème ».

Voilà une phrase qui risque à coups sûr de vous attirer les foudres des amoureux de la langue française !

En effet, le verbe « pallier » est un terme souvent mal employé mais riche en histoire et en nuances. « Pallier » vient du latin tardif « palliare », qui signifiait à l’origine « couvrir d’un pallium », c’est-à-dire d’un manteau. Cette origine étymologique précise  l’idée de dissimuler ou de cacher quelque chose.

Au 14e siècle, le verbe signifiait « dissimuler une faute, atténuer une impression fâcheuse en la présentant sous une apparence spécieuse ». En 1314, il a pris le sens médical de « soulager un mal sans le guérir ». Au fil du temps, son usage s’est étendu pour signifier « atténuer faute de remède véritable » ou « remédier à un mal de manière provisoire ou partielle ». 

« Pallier » est un verbe transitif direct, ce qui signifie qu’il se construit sans préposition. On dit donc « pallier quelque chose » et non « pallier à quelque chose ». Par exemple : « Pallier le manque d’argent », « Pallier les défaillances », « Pallier le mal sans le guérir ».

La construction « pallier à » est donc incorrecte mais fréquemment utilisée, probablement par analogie avec des expressions similaires comme « remédier à » ou « faire face à ».

Enfin, il est important de noter que « pallier » s’écrit avec deux « l », contrairement à son homonyme « palier » (qui désigne une plateforme ou une étape).

Voilà une information apte à pallier le risque de vous faire maladroitement remarquer durant une conversation.

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