Sur le fil du regard
Milo Atao
L’invité du mois : une immersion dans l’univers de Milo Atao
Quel plaisir de vous retrouver pour ce troisième volet de la résidence littéraire de Milo Atao ! Vos retours passionnés suite à la lecture de L’âge de raison confirment à quel point les récits de l’auteur bousculent nos certitudes et résonnent profondément en chacun de vous. C’est un bonheur partagé de voir cette communauté de lecteurs grandir et échanger autour de ses textes.
Nous poursuivons aujourd’hui notre exploration des zones d’ombre de notre humanité avec une proposition troublante et allégorique : Le fil du regard.
Après la bascule de l’innocence le mois dernier, Milo Atao nous plonge cette fois dans un thriller psychologique teinté de fantastique. Ce nouveau récit explore avec une froide lucidité notre besoin viscéral d’exister dans les yeux des autres, jusqu’à la dérive. À travers le destin d’une femme prise au piège d’un pacte faustien, l’auteur interroge notre propre propension à fermer les yeux sur ce qui nous dérange, portée par cette plume toujours aussi incisive, dépouillée et implacable.
Je vous souhaite une lecture captivante, intense et pleine de réflexion. Belle découverte à vous !
Comme pour la précédente nouvelle, l’espace de commentaires vous est ouvert juste en bas de page. Vos impressions sont le moteur de cet échange et je me ferai une joie de les partager à nouveau avec Milo.

Bonjour Milo, Je viens de lire votre nouvelle avec intérêt. Elle pose pour moi la question de la Conscience… Je me demande aussi parfois si les paysages disparaissent « après mon regard, mon attention »… Merci pour ce texte qui va me faire réfléchir. Et merci à Noël pour la présentation très sympa et agréable à lire. Cécile
Bonjour Cécile, je vois que Milo vous a répondu 😉 vous connaissant tous les deux, je n’ai nul doute quant à la synergie de vos esprits 😉 Merci pour ton commentaire te rendez-vous le mois prochain !
Bonjour Cécile,
Un immense merci pour votre retour.
La question de la Conscience que vous soulevez est effectivement au cœur de cette nouvelle. Ce doute que vous exprimez est une intuition philosophique fascinante. Elle fait écho à l’immatérialisme de Berkeley (« être, c’est être perçu ») ou même à certaines interprétations de la physique quantique, où l’observateur influence la réalité.
Dans cette histoire, j’ai voulu matérialiser cette idée sous forme de malédiction : notre indifférence quotidienne, ce réflexe très moderne de
« fermer les yeux » ou de détourner le regard face à ce qui nous dérange, finit ici par détruire physiquement le monde autour du personnage, avant de la consumer elle-même. C’est une métaphore de l’isolement extrême : à force de trier le réel pour ne garder que ce qui nous arrange, on finit par se retrouver seul face à son propre vide.
À bientôt et prenez soin de votre regard sur le monde ! 😉
Bonjour Milo, Je n’avais pas vu votre réponse, c’est Noël qui vient de me faire un mail… Merci pour la vôtre. Oui, nous avons le « réflexe moderne de fermer les yeux » parce que la plupart ne comprend pas que tout ce qui nous arrive est là pour nous faire grandir. Cela aussi, c’est une vraie question 😉 ou plutôt un sujet à expérimenter et étudier quotidiennement. J’aime votre formule « prenez soin de votre regard sur le monde » qui rejoint ma vision des choses : le regard que nous avons se traduit par des mots et les mots créent notre réalité. Il y aurait de quoi en parler des heures… À bientôt
Bonjour à tous,
Fermer les yeux sur ce qui nous dérange, ce qui nous interpelle, vers l’autre que l’on ne connaît pas,
est ce une forme de sagesse?
Non je ne pense pas.
S’exiler au fin fond du Causse ou au sommet d’une montagne est plutôt synonyme d’égoïsme et de lâcheté en effaçant toute relation humaine donc tous les problèmes et ce ,dans une profonde solitude.
Dans notre monde actuel, tout le monde d’une manière individuelle a un avis sur tout,mais paradoxalement, nous ignorons et ne voyons pas ce qui nous effraye ou ce qui nous est inconnu.
Pourtant dialoguer, comparer,essayer de comprendre sans quelquefois adhérer ou s’apitoyer n’est ce pas là, la richesse de l’être humain?
Ma grand mère nous disait que l’indifférence est pire que le mépris car nous n’existons plus dans le regard de l’autre et vice versa.
Cette nouvelle m’a replongée dans le souvenir de mes échanges avec elle , merci pour cela
Bonjour Marie-Hélène, merci pour ton commentaire ! Je transmet à Milo ! RDV le mois prochain pour un nouveau texte à découvrir !