L’invité du mois : Sylvain Gillet
Sylvain Gillet : L’électron libre du polar loufoque qui bouscule la langue française
Avez-vous déjà croisé un auteur qui semble être sorti tout droit de l’une de ses propres pages ? Un de ceux dont la plume ne se contente pas de raconter une histoire, mais vous attrape par le col pour vous emmener faire un tour de montagnes russes linguistiques ?
C’était en 2024, lors d’un salon du livre de l’agglo montargoise. Entre deux stands, je suis tombé sur un personnage. Sa gouaille, son énergie et ce talent fou pour transformer le quotidien en délire total m’ont immédiatement frappé. Si vous me suivez avec assiduité, vous vous souvenez sûrement de mon coup de cœur pour VENENUM en 2024 dans la rubrique « J’ai lu pour vous ».
Aujourd’hui, je passe à la vitesse supérieure : j’ai le bonheur d’accueillir Sylvain Gillet comme notre « Invité du Mois ».
Un auteur « Haut en Couleur » (au sens propre comme au figuré !)
S’il y a bien un adjectif qui colle à la peau de Sylvain — et à celle de ses personnages — c’est celui-là. Né à Reims, ancien comédien et scénariste, il ne se contente pas d’écrire des polars : il les met en scène avec une précision d’orfèvre et un humour dévastateur.
Pourquoi vous allez l’adorer (ou le détester, mais sans indifférence) :
- L’amour du verbe : Sylvain « peaufine la langue ». Il s’amuse avec les mots, en invente, détourne les expressions toutes faites et jongle entre la gouaille populaire et une syntaxe délicieusement ampoulée.
- L’antidote au conformisme : À l’heure de la littérature standardisée, il revendique une liberté totale. C’est riche, c’est dense, c’est sincère.
- L’absurde comme art de vivre : Son dernier né, Les Enquêtes Improbables de Mulford Sploodge (Ramsay, 2024), est un condensé de « déconnade pure » et de situations abracadabrantesques.
De Mulford Sploodge à la vraie vie : un univers sans filtre
Nous vivons dans une époque qui manque parfois cruellement de légèreté. Sylvain Gillet, c’est cette bouffée d’oxygène qui nous rappelle que l’on peut être un écrivain sérieux sans se prendre au sérieux.
Que ce soit à travers ses vidéos promotionnelles très drôles ou ses dédicaces personnalisées (car oui, le monsieur est « gentil et mérite d’être connu », comme il le dit lui-même avec une pointe de provocation), il crée un lien direct et authentique avec son public.
« Je ne vois pas l’intérêt d’une langue standardisée ni d’un conformisme neutre et sans risque. » — Sylvain Gillet.
C’est cette audace qui fait de lui un auteur indispensable dans votre bibliothèque. On ne lit pas du Sylvain Gillet, on le vit, on l’écoute, on s’en délecte.
Ce qu’il faut retenir de notre Invité du Mois :
- Un style unique : Un mélange savoureux de polar noir et d’humour absurde.
- Une langue vivante : Un travail sur le vocabulaire qui respecte l’intelligence du lecteur.
- Une rencontre humaine : Un auteur accessible, passionné et profondément original.
Et vous, êtes-vous prêts à plonger dans l’improbable ? Je vous invite d’urgence à découvrir son univers sur son site sylvaingillet.fr ou à lui envoyer un petit mot pour une dédicace. Croyez-moi, votre bibliothèque vous remerciera (et vos zygomatiques aussi) !
Allez, je laisse la parole à mon invité et je vous souhaite une belle découverte !
Chères lectrices, chers lecteurs de l’ami Noël (Kitcreanet), bonjour !
Je sais bien que, parmi vous, certains trouveront ça scandaleux, mais je m’appelle Sylvain Gillet. Né à Reims en 1968, j’ai été comédien, réalisateur et scénariste. J’ai donc, en toute logique, joué la comédie, réalisé des films et écrit. Du café-théâtre, des pièces, de la poésie et des scénarii.
En 2018, les Éditions Thot publient mon premier roman : Ludivine comme Édith. Suivront Commedia Nostra en 2020, Venenum en 2022 et Les Enquêtes Improbables de Mulford Sploodge en 2024, trois ouvrages publiés chez Ramsay. Pour l’instant, je fais dans le polar, souvent rigolo. Je suis gentil et mérite d’être connu.
Même si je crois mes intrigues toujours bien ficelées, je ne cache pas que le phrasé et le soin de la langue constituent ce qui m’intéresse le plus dans l’écriture. Je les travaille beaucoup. Voilà pourquoi, avec modestie, j’estime mon style intéressant et original. Comme on l’aura compris, celui-ci est largement teinté d’humour (le genre de la maison). J’aime peaufiner la langue, les mots (j’en invente parfois, toujours compréhensibles), j’aime modifier des expressions établies, je m’amuse pour amuser le lecteur. Je saute de la gouaille populaire à une syntaxe parfois joyeusement ampoulée, la confrontation des deux aboutissant à un effet comique recherché. Je ne vois pas l’intérêt d’une langue standardisée ni d’un conformisme neutre et sans risque qui ne me ressembleraient pas. Si j’utilise un vocabulaire parfois riche, c’est que je ne prends pas les lectrices et lecteurs pour des ignares dépourvus de curiosité. Prétention ? Sans doute. Liberté et sincérité ? À coup sûr ! Qu’on se le dise !
Vous pourrez découvrir une partie de mon travail, dont nombre de petites vidéos rigolotes de promotion de mes bouquins sur mon site personnel : sylvaingillet.fr
Vous pouvez commander mes livres dans toutes les librairies et également auprès de l’auteur, c’est-à-dire moi-même (ce qui me permettra de dédicacer…) via mon site sur le formulaire de contact ou mon adresse mail : lesylvaingillet@gmail.com. J’ai aussi une page facebook.
lesylvaingillet@gmail.com
Mais assez parlé de moi, passons au plus important, mes bouquins :
Les Enquêtes Improbables de Mulford Sploodge
Non-sens, jeux de mots, loufoqueries, délires, situations abracadabrantesques, provocations, gauloiseries, toutes formes d’humour, de la déconnade pure, bien épicée dans… 33 enquêtes du détective le plus absurde jamais créé. Mulford Sploodge ? C’est sa secrétaire qui en parle le mieux, extrait : « C’est le pire des ringards. Il dit avoir quarante-trois ans, alors qu’il en a cinquante-cinq et qu’il en fait soixante. Il a un œil qui tombe et il perd ses cheveux. Quant à l’odeur, je te raconte pas… C’est un menteur, un prétentieux, un inculte. Il me parle régulièrement des Misérables d’Émile Zola et croit que Séoul est en Afrique. Rends-toi compte : il télécharge des défilés militaires pour les regarder le week-end ! En plus, c’est le gars le plus corrompu que j’aie jamais vu. Mais bon… il est sympa. »
Éditions Ramsay, 2024
Venenum
Embauché sur une croisière transatlantique, le guitariste Abel Diaz enquête, sans qu’on lui demande, sur la mort soi-disant naturelle d’un compagnon musicien parti trop tôt pour le Paradis du Blues. Un autre meurtre, évident celui-ci, lui ayant titillé son neurone à intrigue, notre limier amateur au douloureux passé va remettre en question ce qui paraît incontestable, en creusant des pistes, en se posant des questions dont sa compagne, la très bavarde guitare Linda, ne sera pas la dernière à se moquer. Un séminaire d’entreprise, des musiciens pas vraiment Prix Nobel, un patron cible de longue date, un huis-clos océanique débouchant sur New-York et de l’hexagonal dans lequel Abel se confrontera à ce qui l’attire et l’effraie le plus au monde : l’humanité.
Éditions Ramsay, 2022
Commedia Nostra
Pour Antoine Aria, vieux tragédien au chômage, la coupe est pleine. Jouer la carotte dans une publicité alimentaire est indigne de lui. Alors quand on lui propose d’interpréter un ancien chef mafieux pour un cachet à nombreux zéros, il n’hésite pas. Seulement cette fois, nous serons sur du live. Les partenaires n’auront que très peu connu le Conservatoire et les flingues seront bien réels. Une réconciliation des branches française et américaine de la « Famille », assez éloignée d’une quelconque distanciation brechtienne, qui pourrait s’avérer… plutôt dangereuse.
Éditions Ramsay, 2020
Ludivine comme Édith
Bientôt dix ans que le guitariste de blues Abel Diaz mène des enquêtes au hasard de ses tournées. Souvent au profit des oubliés du bord de route à qui la société conseille fermement de se résigner. Mais pas que. La grande descente en bleu de cet ancien assistant social n’ayant pas suffi à cautériser, il fallait cela aussi. Pour fuir la Chose. Un rien et son neurone de l’intrigue est en alerte. La photo d’une jeune actrice décédée lors d’un tournage en province. Une inconnue des médias dont l’image lui rappelle un peu trop sa Lola. Du bizarre dans les circonstances qui l’empêche de laisser cette mort dans la rubrique des prétendus accidents. Une enquête entre petits comédiens paumés et stars initiées qui l’amènera à creuser du côté de ceux qu’on ne dérange habituellement pas. De quoi traîner sa Gibson sur les routes d’ailleurs, pour tenter de trouver encore un peu d’humanité, chez les autres comme en lui-même.
Édition Thot, 2018.
Voilà ! J’espère que ces quelques lignes auront su vous séduire. Sur ce, je vous embrasse toutes et tous ! Je sais que ça fait beaucoup, mais à cœur vaillant, rien d’impossible ! Vive vous ! Vive l’ami Noël ! Et vive la Reine des Belges !
Sylvain Gillet





