Écrans :
Attention
DANGER !
Conférence du 6 mai 2023
Animée par Noël GALTIAU
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Tout le monde le sait, tout le monde s’en doute,
aujourd’hui, la science le dit : les écrans sont
mauvais pour les enfants.
Oui, mais pourquoi ? Quels sont les vrais dangers ? Que se
cache-t-il derrière le simple geste qui consiste à prêter son
téléphone à son enfant ? C’est que nous vous proposons de
découvrir durant cette conférence qui n'a pas pour objectif
de diaboliser les écrans qui font désormais partie
intégrante de notre vie de tous les jours.
L’objectif est d’expliquer clairement la situation, les risques
et les dangers des écrans pour nos enfants an de les
protéger d’un éau le plus souvent méconnu des parents
qui pensent souvent bien faire, voyant dans l’écran une
source éducative et pédagogique.
Noël Galtiau est un père passionné par le sujet et un
formateur chevronné, sources documentaires à l’appui, il a
décidé de participer à la démarche nécessaire
d’information concernant ce éau terrible et silencieux qui
conditionne le développement de nos enfants.
Partie 1 7
Retranscription de la conférence. 7
Partie 2 23
Sources et documentation 23
6
7
Partie 1
Retranscription de la conférence.
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Je ne vous apprends rien, les écrans ont envahi
notre quotidien. Ils sont partout : Télévisions,
Ordinateurs, Tablettes, Smartphones. On les
trouve dans le salon, dans la cuisine, dans les
chambres (sic), sur les tables de chevet, au travail,
dans les transports, à l’école, parfois dès la
maternelle.
Comme vous je les utilise. Pour travailler,
beaucoup, pour m’informer souvent, pour me
distraire un peu. Mais quand on y pense, on se dit
tous que quelque chose cloche.
Elle fait peur cette image non ?
Pourtant c’est devenu notre quotidien.
Bien sur c’est encore plus effrayant lorsqu’elle
montre nos enfants, hypnotisés, captés, enfermés
dans monde numérique dont il est parfois bien
difcile de les faire sortir.
On a tous entendu quelqu’un dire « les écrans
c’est pas bon pour les enfants ».
Ce qu’on entend moins en revanche, c’est
« pourquoi les écrans sont nocifs pour les
enfants ? ».
Depuis de nombreuses années maintenant, on
assiste à l’arrivée à l’école d’enfants qui souffrent
de graves problèmes :
Retards de langage, avec des enfants qui ne
parlent pas à deux ans ou qui pratiquent
l’écholalie,
Retards de motricité globale et/ou retards de
motricité ne, avec des enfants qui ne savent pas
tenir un crayon, qui parois ne disposent pas de pla
pouce pince / index, des enfants qui ne savent pas
manipuler,
Troubles du comportement, des enfants qui ne
répondent pas à leur prénom et qui restent
enfermés dans leur bulle ou qui se montrent
anormalement agressifs.
Des enfant « intenables », pas du tout prêts pour
entrer à l’école et des parents dépassés par un
phénomène qu’il ne comprennent pas.
Ces troubles cliniques sont alors le plus souvent
identiés comme faisant partie de la sphère
autistique, donc relevant du handicap et d’une
prise en charge par des structures spécialisées, ce
qui peut être long et compliqué et des enfants qui
se trouvent soumis à des traitements
médicamenteux.
Mais au l des consultations, certains
professionnels de santé trouvent un lien : ces
enfants sont quasi tous surexposés aux écrans.
Et pas du tout autistes !
Et il se trouve que de nombreuses études leur
donnent désormais raison… Des milliers
d’études à vrai dire. Des études sérieuses,
objectives, malheureusement assez peu en France
encore.
Mais de nombreux collectifs se mobilisent pour
parler de CE QUI DEVIENT UN VRAI PROBLÈME
SANITAIRE. Professionnels de santé, enseignants,
collectivités locales, Associations, gouvernements,
mais l’information ne circule pas encore assez
vite.
Je me nomme Noël Galtiau. Je ne suis pas un
scientique. Je ne suis pas non plus un
professionnel de santé. Avec l’association LE
PARTAGE, nous avons décidé d’apporter notre
pierre à l’édice et participer à la nécessaire
démarche d’information concernant le problème
DES MAUVAIS USAGES des écrans. Car le manque
d’information, est une partie du problème.
Dans la vie de tous les jours, je suis un formateur
et mon travail consiste à expliquer simplement
des choses compliquées. Et aujourd’hui, pour
mieux comprendre le phénomène des écrans, je
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vous invite à découvrir ou redécouvrir une des
choses les plus complexes de l’univers…
VOTRE CERVEAU ! Alors je vous rassure
immédiatement, je ne vais pas vous faire un cours
complet sur le cerveau humain. J’en serais de
toute façon bien incapable. Mais si je vous montre
un cerveau, c’est parce qu’il va nous permettre de
répondre à une question : POURQUOI ? Pourquoi
sommes nous tous accros aux écrans ? Pourquoi
est-ce dangereux ? Pourquoi est-ce que cela
menace nos enfants, nos adolescents et mêmes
nous les adultes ? Pourquoi la période de la petite
enfance est si précieuse ? Comment tout ça
fonctionne et QUI EN TIRE PROFIT ? Nous allons
parler d’apprentissage, de plaisir et de
récompense. On va même faire quelques petites
expériences. Joli programme non ?
Le cerveau humain est loin d’avoir livré tous ses
mystères. Mais les neurosciences font des progrès
incroyables dans la compréhension de son
fonctionnement grace à l’imagerie médicale et les
chercheurs en apprennent un peu plus chaque
jour… Par exemple, on sait désormais de source
sûre que nous utilisons bien 100% de notre
cerveau, contrairement à la légende qui dit que
nous n’en utilisons que 10%.
On sait également que le cerveau humain n’est
mature qu’à l’âge de …. 25 ans ! Et oui, certains
d’entre-vous, dans cette salle, possèdent un
cerveau pas tout à fait « ni » ;-)
Enn, on sait également, c’est prouvé par la
science, que nous ne pouvons pas faire plusieurs
choses à la fois. Et oui, même vous mesdames
(même si ça doit parfois arranger ces messieurs de
penser ça de temps en temps …)
Dans les années 1900, on a découvert un truc
fascinant dans le fonctionnement du cerveau.
C’est le circuit de la récompense. À chaque fois
qu’on fait un truc bien pour nous, il nous envoie
une petite décharge d’une molécule qui s’appelle
la Dopamine. Et ça nous donne du plaisir et nous
pousse à reproduire l’expérience. Exemple quand
je mange du chocolat. Et parfois, il suft de penser
à manger du chocolat pour avoir immédiatement
une petite dose de dopamine… Et la dopamine,
le cerveau en raffole ! Il est carrément accro à cette
molécule ! Plus on pense à quelques chose qu’on
aime, et plus on fabrique de la dopamine… et
plus on en veut encore
Laissons un peu le cerveau de coté et intéressons
nous aux tout petits.
Le cerveau d’un bébé qui vient de naitre n’est pas
du tout terminé ! Il est à peine ni, et ne
représente que 25% du cerveau adulte. Il possède
presque tous les neurones qui vont être utilisés à
l’âge adulte mais il ne possède que peu de
connexions entre ces neurones. Durant les 6
premières années de la vie, plusieurs centaines de
connexions par seconde vont se créer. C’est une
période unique et irremplaçable ! Ce sont CES
connexions qui vont permettre les apprentissages.
Et ces connexions se spécialisent rapidement. Le
cerveau renforce les connexions qui sont utilisées,
et délaisse les connexions peu utilisées qui
niront par être supprimées ! On appelle ça
l’élagage synaptique et ça va continuer jusqu'à la
n de la puberté environ…
Et c’est ici que le problème commence avec les
écrans.
Mais c’est quoi le problème ? C’est super les
écrans ? Mon bébé il adore ! Je lui mets plein de
programme éducatifs, il est super calme ! Et il ne
s’ennuie jamais !
Peut-être que vous aussi vous pensez ça. Peut-être
que vous aussi vous pensez bien faire en donnant
une tablette à votre bébé ou à votre jeune enfant.
Mais c’est une terrible erreur et vous faites ce que
l’on appelle désormais de la Technoférence. La
Technoférence c’est un mot valise qui mélange
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Technologie et Interférence. Ce terme a été
inventé vers 2014 et désigne « les interruptions
quotidiennes des interactions humaines à cause
des écrans ».C’est cette technoférence qui est à
l’œuvre à chaque fois qu’un parent détourne son
regard du tout petit pour plonger dans son
smartphone.
Pour bien grandir un jeune enfant a besoin
d’interactions sociales et humaines riches et
variées. Prenons le cas du langage : l’acquisition
du langage est uniquement possible avec des
interactions humaines. Des études démontrent
que les écrans n’apprennent ni à parler ni à
l’acquisition du langage. Les mots prononcés par
un écran glissent et n’ont aucun sens pour le tout-
petit.
Le cerveau est programmé pour répondre à des
stimulus humains : un sourire échangé, un regard,
des mots . Des mots qui doivent être associés à des
actes : «viens là, je te mets tes chaussures», «oh !
Regarde !, un oiseau», «tu as chaud, je vais
t’enlever ton manteau». Ça permet au petit
cerveau de comprendre la réalité qui l’entoure.
Les réactions humaines (du papa ou de la maman)
contribuent à sécuriser le petit et sont
indispensables à son bien-être.
Savoir cela c’est une chose… Mais le voir, c’en est
une autre. Pour vous montrer la puissance de ce
phénomène, prenons quelques minutes pour
regarder ensemble cette expérience faite en 1970,
bien avant l’arrivée des écrans dans nos vies
part la télévision)…
Cette expérience a été réalisée par un
psychologue (Edward Tronick) pour montrer les
phénomènes d’attachement et de sécurisation des
tout-petits… C’est un peu dur à regarder…
Gardez ça en tête (ça devrait pas être dur) on y
reviendra.
Une autre caractéristique de base du cerveau et de
son développement, c’est que ce cerveau est
littéralement modelé par l’environnement,
littéralement construit sur la base de toutes les
expériences menées par l’enfant. Pour développer
sa motricité par exemple, un enfant doit toucher,
il doit utiliser ses cinq sens, dans un
environnement en 3 dimensions. C’est doux, c’est
dur, ça s’écrase. Une pomme, c’est rond, ça pèse
un peu lourd, c’est sucré, si je la pousse elle roule,
si je la lâche elle tombe… Toutes ces petites
expériences façonnent le cerveau du petit enfant
et créent des milliers de connexions chaque
seconde.
Evidemment, l’expérience est très différente s’il
fait tout ça sur un écran. Avec l’écran, la seule
sensation perçue, c’est le verre lisse et
l’efeurement du doigt. Une étude américaine a
démontré que les applications d’empilage de
cubes sur iPad avec des bébés ne fonctionne pas.
Avec des vrais cubes l’enfant repart de zéro. Idem
pour les bébés qui savent compter en arrivant en
maternelle ! Ils répètent « bêtement », ils
comptent jusque’à 100 mais sans comprendre ce
que ça veut dire. Ils ne savent pas « donner » deux
cubes quand on le leur demande.
Grâce à des jeux traditionnels, l’enfant apprend la
persévérance et la frustration. Je teste, je rate, je
recommence. Les encouragements des parents
contribuent à faire prendre conance à l’enfant.
Les jeux éducatifs sur tablettes n’apprennent pas
la frustration, ce sont des puzzles assistés, des
coloriages quasi automatiques, réalisés avec un
doigt. On donne au cerveau ce qu’il adore : un
résultat rapide, du plaisir et sans effort.
Evidemment, si ensuite vous lui demandez de
faire un dessin avec une feuille de papier et des
crayons, ce sera moins facile, moins joli, moins
réussi et donc super frustrant ! Colère garantie !
Enn, votre enfant n’a pas besoin d’être protégé
de l’ennui. Au contraire, l’ennui est prolique, car
il permet à l’enfant de laisser travailler son
imaginaire, et donc de créer encore de nouvelles
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connexions. Le petit enfant ne s’ennuie jamais ! Il
explore ! C’est d’ailleurs pour ça que vous passez
votre temps à lui courir après !
Mais quand un écran s’allume, un enfant s’éteint.
Lorsque vous le placez devant un écran, comme
par magie il s’immobilise.
Son attention est tout entière accaparée par
l’image.
Comment ? Pourquoi ? C’est quoi le truc ?
Il y a deux types d’attention dans le cerveau. Une
attention qu’on va appeler « primaire », innée,
archaïque, que l’on partage avec tous les grands
mammifères. C’est cette attention qui fait qu’on va
s’orienter naturellement vers un stimulus visuel
ou auditif. Et puis il y a l’attention volontaire, qui
est une attention que l’enfant va acquérir durant
ses apprentissages. Les écrans ne sont pas des
jouets comme les autres. Les écrans sont des
capteurs d’attention pour le tout petit. L’écran sur-
stimule l’attention non volontaire. L’enfant est
capté par les stimuli visuels et sonores ultra
rapides de l’écran. Il ne vas pas chercher la
sensation, c’est la sensation qui vient à lui Mais
dans une véritable avalanche ! qui le submerge, et
qui le plonge dans cet état hypnotique que nous
connaissons tous. Et le pire dans tout ça c’est qu’il
adore ça.. Son cerveau adore ça !
Avant 6 ans, les écrans sont toxiques pour les
enfants. C’est pas moi qui le dit .. Enn si ;-) je le
dit aussi, mais ce sont les mots d’un député lors
de la seconde séance à l’assemblée Nationale de
mars 2023. On y étudie en ce moment même une
loi concernant la surexposition aux écrans pour
les enfants.
Si vous devez garder une information en tête,
avant 6 ans, les écrans sont totalement inutiles
pour un enfant, pire, c’est du POISON. Chaque
minute passée devant un écran c’est autant de
savoir qui seront plus longs ou impossibles à
acquérir…
Mieux vaut tard que jamais, tous ces phénomènes
commencent à être très sérieusement pris en
compte… Le HAUT CONSEIL DE LA FAMILLE DE
L’ENFANCE ET DE L’ÂGE a rendu un rapport en
mars 2023 et dit, je cite :
« De nombreuses études ont montré les effets
néfastes des écrans sur la santé mentale de
l’enfant. Si les effets délétères des écrans sur la
santé mentale de l’enfant font consensus, il ne
s’agit pas tant d’incriminer les écrans que le temps
passé par les enfants à utiliser ces outils
numériques et télévisuels, et le mésusage qui en
est fait. »
Du coté de l’état et des collectivités ça bouge
également. L’académie des Sciences a publié un
appel à la vigilance - à lire absolument, une
analyse claire et dépassionnée. Le rapport du
gouvernement sur les 1000 premiers jours
explique très bien la nécessité des interactions
humaines et l’aspect délétère des écrans sur les
tout-petits. Enn, tout récemment comme je le
disais, une proposition de loi visant à mettre en
œuvre une politique de prévention des risques
liés à l’exposition aux écrans numériques pour les
enfants de moins de 6 ans a été déposée pour, je
cite, « prendre en compte ces risques désormais
identiés ».
OK mais APRÈS 6 ANS alors ? Les écrans, c’est bien
ou c’est mal ? C’est compliqué. D’autres
problèmes surviennent.
Bien entendu, nous n’allons pas ici diaboliser les
écrans et les technologies numériques. Nous
savons tous à quel point ils ont bouleversé nos
vies (sciences, éducation, etc.) et moi-même j’en
utilise beaucoup, tous les jours. Ce dont nous
allons parler ici c’est de l’utilisation qui en est
faite, et plus précisément, on va parler de temps
d’utilisation excessif des écrans récréatifs par les
enfants (mais aussi des ados et des adultes) et des
dangers que cela représente. Ok, alors quand on
parle de temps excessif, ça veut dire quoi
exactement ?
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En France, dès l’âge de deux ans (et c’est même
avant de nos jours puisqu’il y a des bébés qui
passent des journées entières devant les écrans)
les enfants passent en moyenne 3 heures devant
les écrans. Je parle ici de tous les types d’écrans et
je parle seulement des usages récréatifs.
Entre 8 et 12 ans, ce temps passe à 4h 45. Et de 13
à 18 ans, ça grimpe à 6h45. (Sources : Michel
Desmurget, La fabrique du crétin digital. - Etude
US Commun Sense Media, 2015).
Ces chiffres sont déjà effrayants, mais voici une
autre manière d’illustrer ces temps passés : Pour
un tout petit, c’est 1000 heures par an soit 1 an de
maternelle ! pour un enfant c’est 1700 heures par
an soit 2 ans d’école, et pour un ado c’est 2400
heures par an, soit 2,5 années de scolarité ! (et
encore ces chiffres ont quelques années).
Notes complémentaires : CP-CE1-C2-CM1-CM2,
on est à un peu plus de 860 heures par an.
(ministère de l’éducation nationale) - Au collège,
c’est 26 heures par semaine sur 36 semaines
environ soit environ 900 heures de cours.
C’est Michel Desmurget, un Neuroscientique de
l’INSERM qui dit cette phrase dans son livre : La
fabrique du crétin digital. « Le temps passé devant
les écrans n’est plus seulement excessif, il est
carrément irréaliste, hors-normes, extravagant » Et
le problème, c’est que tout ce temps est volé à
d’autres activités qui sont primordiales,
indispensables pour le développement cognitif
des enfants et des ados.
Depuis 2017 aux États-Unis, la plus vaste étude
jamais réalisée sur l’impact des temps d’écrans sur
les enfants est en cours jusqu’en 2027.
Elle est menée par l’Académie Américaine de
Pédiatrie et elle suit 11 000 enfants de 9 à 19 ans.
Cela monopolise 22 centres de recherches pour
un budget de 265 Millions de dollars.
De très nombreux scientiques français attendent
les résultats de cette étude avec impatience (les
premiers retours sont déjà édiants).
Bien, parlons un peu maintenant d’un mythe très
répandus concernant les « Enfant du
numériques », ceux qu’on appelle aussi les Digital
Native ou les Millennials. Nos enfants, nés à une
époque ou les technologies numériques sont
partout seraient des sortes de mutants,
parfaitement adaptés à ce nouveau monde…
Et bien NON, grandir avec le numérique ne suft
pas à en maitriser les usages. Cette idée, c’est ce
que le sociologue Pascal Plantard appelle le
« complexe d’Obélix ». Il explique que ce n’est
parce que les enfants sont tombés dedans quand
ils étaient petits que tout ça est normal pour eux.
Ils ont évidemment besoin d’être formés à l’usage
de tous ces outils numériques.
Pour la petite histoire, cette petite lle (celle qui
s’afche sur l’écran) n’existe pas et cette image a
été créée à l’aide de l’intelligence articielle
comme quoi, la technologie a du bon quand
même !
L’usage des écrans par les Enfant du numérique
est essentiellement récréatif : Réseaux Sociaux,
jeux, Sites marchands, SMS, CLIPS, Films & Séries
représentent 97% des usages. Seulement 3 % de
ce temps est utilisé pour la création de contenu
académique (quand ces 3% existent). Et encore, le
problème avec ces 3%, c’est qu’ils sont le plus
souvent utilisés conjointement avec d’autres
activités non académiques (SMS, vidéos, etc…)..
(Sources : Michel Desmurget, La fabrique du
crétin digital).
Certes, les enfants du numériques, les millénials
comme on les appelle, sont très à l’aise avec les
réseaux sociaux. Mais totalement incompétents
pour traiter les infos qui s’y trouvent ! Les
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chercheurs de l’Université de Stanford parlent
d’un danger réel pour la démocratie ! C’est pas un
gros mot «incompétent». Ce qu’il faut
comprendre ici c’est que pour analyser une
information, avec un regard critique et un
minimum d’analyse, il faut un peu de culture
générale, un peu de vécu, et nos ados ne sont pas
forcément tous très au point. Ajoutons à cela qu’il
sont relativement incompétents face aux outils
numériques vraiment utiles (traitement de texte,
Tableurs, PDF, etc.) Nous l’avons bien vu pendant
l’épidémie de COVID, et ils n’étaient pas les seuls,
beaucoup d’adultes étaient perdus également.
Revenons sur notre ami le cerveau. Il y a 2 façons
de penser. Le système 1 et le système 2.
Le système 1 prend des décisions rapides,
automatiques et souvent de façon inconsciente
(on appelle ça des heuristiques, des raccourcis
mentaux). Ça demande peu d’efforts au cerveau,
ce sont plutôt des réactions émotionnelles et
instinctives. On utilise le système 1 dans nos
tâches quotidienne et les situations d’urgence.
Le système 2 est plus lent, plus rationnel,
conscient et logique. Il demande plus d’effort
cognitif pour traiter toutes les informations . On
s’en sert pour l’analyse, la planication et les
décisions rationnelles.
Le système 1 se trompe parfois. Car notre cerveau
ne peut pas traiter la multitude d’informations
qu’il reçoit en permanence. Il fait des erreurs. On
appelle ça des biais cognitifs.
Et des biais cognitifs, on en a plein. Dans le dessin
qui est derrière moi, on en a répertorié plus de
200. disponible sur internet facilement sur
Wikipedia.
Le biais d’aversion à la perte par exemple, qui
nous fait paraitre toujours plus important que
qu’on va perdre plutôt que ce qu’on va gagner
Effet de cadrage avec lequel on est régulièrement
manipulé par les médias ou les réseaux sociaux,
Le biais de croyance qui renforce naturellement
CE EN QUOI ON CROIT DÉJÀ et qui nous pousse
à donner plus de valeur à des infos qui vont dans
notre sens….
Prendre une décision c’est donc difcile pour le
cerveau surtout si on veut traiter toutes les
informations nécessaires à cette prise de
décisions. Si trop d’information ou pas assez de
temps pour les traiter le cerveau évacue
naturellement certains « calculs » avec ces
raccourcis. Les bais cognitifs sont hérités de
milliers d’années d’évolution. On a tous les
mêmes et il est difcile (mais pas impossible) de
lutter contre eux.
Éviter l’impulsivité (tourner 7 fois sa langue dans
sa bouche, nos grand-mères savaient de quoi elles
parlaient), prendre le temps d’analyser, faire
preuve d’empathie…
Voici une petite expérience pour vous montrer
comment votre cerveau peut vous tromper…
On connait tous cette illusion d’optique ! Vous
savez que les trois lignes ont la même longueur…
Mais pourtant votre cerveau vous montre le
contraire.
Ça c’est le résultat du système 1. Et vous voyez sa
puissance. Les trois lignes sont de la même
longueur mais pourtant vous continuez à les voir
de longueurs différentes… Vous ne me croyez
pas ? Et pourtant
Je vois que vous aimez ça, on en fait une autre…
Expérience.
Je vous ai manipulé ! J’ai ici utilisé un biais de
CADRAGE pour vous faire penser ce que je
voulais. C’est ici un exemple très simple mais on
peut décliner ce concept dans de très nombreuses
14
situations…
La partie gauche de la salle a vu des mots qui
étaient dans le registre de la couture : Couture,
aiguille, laine, etc.
La partie droite quant à elle a vu des mots qui
faisait penser à la famille : Père, Soeur, Frère…
Lorsque le mot nal est apparu, certains on t dit
FILS (le ls de son père) tandis que les autres ont
dis FILS, des ls de couture…
Et voila comment on peut orienter une pensée…
Notre cerveau n’est donc pas infaillible… Il est
addict au plaisir et il fait beaucoup d’erreurs
Et dans notre monde hyper connecté, il y en a
certains qui ont parfaitement compris comment
exploiter tout ça …. Ce sont les réseaux sociaux !
Rendons à César ce qui revient à César, les réseaux
sociaux, fondamentalement, ne sont pas mauvais.
Un tissu social c’est une regroupement de
personnes qui partagent des centres d’intérêts
communs. C’est quelque chose qui répond à un
besoin fondamental de l’être l'humain, appartenir
à un groupe. Nous sommes des créatures sociales.
La famille, les amis, les membres d’une même
classe au collège ou à la Fac, les copains du
boulot, autant de réseaux sociaux avec lesquels on
échange tous les jours.
Mais ici, c’est plutôt de Réseau Social Numérique
dont on va parler. C’est une meilleure dénition
pour Facebook, Snapchat, Instagram et
compagnie.
Il y a deux principaux problèmes avec les réseaux
sociaux :
Le temps qu’on y passe, volontairement ou
involontairement (et même surtout
involontairement)
Les effets psychologiques et mentaux sur le
cerveau des utilisateurs et notamment des plus
jeunes.
Rappelons un détail important. Les réseaux
sociaux sont interdits aux enfants de moins de 13
ans. Après 13 ans, c’est aux parents d’accorder
l’autorisation. À partir de 15 ans, l’enfant peut
s’inscrire seul. Mais savez-vous que la limite de
13 ans ne repose sur aucune étude médicale ?
Elle provient d’une loi américaine sortie en 1998
au début d’internet pour protéger (déjà) les
enfants contre la publicité. Mais 1998 c’est la
préhistoire ! Facebook est sorti en 2006,
Instagram en 2010, Youtube en 2011 et Tik Tok en
2018… Ce n’est donc pas pour rien que les
professionnels de santé trouvent cet âge bien trop
bas et souhaitent le porter au moins à 15 ans. Sans
compter que ça entre en contradiction avec le
RGPD qui interdit la divulgation des données
personnelles aux personnes de moins de 16
ans… Ce qui exclue donc les réseaux sociaux
normalement….. Sauf si l’accord est donné (dès
13 ans) par les parents. Et les enfants savent être
persuasifs…
Mais le problème est encore plus grave qu’on ne
le pense Une récente consultation publique de
la CNIL indiquait en 2021 que les premières
inscriptions à un réseau social commencent vers
8 ans et demi ! Mais que fait la police ?
On va parler un peu de la mécanique des réseaux
sociaux. Comment ça marche ? Comment
gagnent-ils de l’argent ?
Et quand on parle d’argent, on parle de combien ?
Les réseaux sociaux produisent plus de richesse
que n’importe quelle industrie dans toute
l’histoire de l’humanité. (Ils sont tous en tête)
Juste un exemple : Facebook revendique 3
milliards d’utilisateurs. Chaque utilisateur lui